nature/Pourquoi il ne faut pas baisser les bras

19 février 2019 Rédigé par Linuxine

Quand j'entends que l'humanité n'a jamais autant consommé de charbon, que nous enchaînons les "année la plus chaude jamais enregistrée",  que je vois les files de gens seuls dans leur SUV le matin, qui me polluent le nez et émettent des tonnes de CO2 tout en s'en fichant, parfois, j'ai envie de baisser les bras. Je me dis que l'humanité a sans doute déjà perdu le combat contre le réchauffement climatique. Dans ces conditions, est-ce que tenter de réduire ses déchets et son empreinte carbone au quotidien a encore un sens, individuellement ? Alors qu'on laisse les industriels déverser littéralement des tonnes de poison dans les airs, la terre et les eaux ? Je pense que la réponse est encore oui.

Pourquoi ?

Parce que notre environnement, c'est notre santé, notre qualité de vie, il produit ce que nous mangeons, et les paysages que nous voyons. Notre environnement, ce n'est pas une simple ressource comptable comme le pensent les grandes entreprises. C'est bien plus que ça. Ça n'a pas de prix, et ça vaut le coût de se battre pour le protéger. Je pense que les gens ne réalisent pas que l'écologie, ça n'est pas juste une notion abstraite pour bobo. Ils pensent qu'il y a "la vraie vie" quotidienne, et que leurs actions n'ont pas de réel impact. Parce que c'est plus commode de se dire qu'on ne peut rien faire, que le système nous dépasse, que les entreprises polluent plus que nous, d'abord.... Alors on trie ses déchets pour se donner bonne conscience, on est tout fiers de fermer le robinet quand on se brosse les dents et d'éteindre la lumière en partant, mais par contre on jette ses mégots par terre, parce que bon, faudrait pas que tout ça nous demande des efforts quand même. Je pense que les gens ne se rendent pas compte que c'est d'abord eux, par leur choix de fournisseur et de mode de vie, qui participent au saccage de la planète.

Parce que je refuse de laisser les entreprises et le capitalisme en général façonner mon environnement, et décider dans quel sens doit aller le monde. Non, le progrès pour moi ce n'est pas toujours plus de consommation avec le moins d'effort possible (je m'adresse à toi, Alexa).

Parce que même si c'est perdu, je veux pouvoir dire que je ne suis pas partie sans me battre, dire à mes enfants que je n'ai pas laissé épuiser les ressources de notre planète sans rien dire, pour que des puissants s'enrichissent, et que je n'ai pas participé à ça par mon laxisme.

Parce que je ne veux pas d'un futur dystopique, avec un paysage péri-urbain dévasté à la Terminator, où seuls les riches pourront survivre, et où les pauvres seront condamnés.

Parce que, surtout, et enfin, se battre contre ça, de par tous les petits gestes qu'on peut trouver, ça fait du bien. On a l'impression de sortir enfin de ce système aliénant de "plus plus plus" qui nous présente la consommation comme la seule finalité à notre vie. On retrouve du sens, on prend le temps de se poser et de s'interroger sur ce qui est important dans la vie.

Parce que nos micro actions et nos choix de vie ou de consommation ONT réellement un impact, que ça soit sur notre entourage, par l'exemple, mais aussi sur les industriels, in fine, comme le dit bien Tristan Nitot dans son article "Agir pour le climat à titre individuel".

Pour toutes ces raisons, je vais continuer à me battre, et j'espère que vous aussi ! 😄

2 commentaires

#1 

Larmes aux yeux,Moune, car ce texte est si beau et si dérisoire. Croire en l'avenir,c'est notre seule raison de continuer à vivre. Jeanne voulait certainement aussi lutter pour ses enfants. Elle nous a légué le courage. Commentaire de MF

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#2 

Beau billet, bravo ! Il ne faut pas baisser les bras. Il faut vivre avec le sourire et faire ce qu'il faut pour que l'humanité prenne son indispensable virage en faveur du climat. Pour nos enfants. Commentaire de Tristan

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